« Une maman ne ferait jamais ça à ses enfants ! »
Parmi l’ensemble des violences sexuelles, les actes commis par des femmes sur des enfants sont sans doute ceux qui
suscitent le plus de minimisation voire de déni. Si des faits divers très médiatisés ont mis en lumière l’existence de
femmes complices actives de pédocriminels sériels extra-familiaux, pour la considération générale commune,
l’agression sexuelle d’enfants par leur propre mère, grand-mère ou sœur – parfois mineure elle-même – demeure un
sujet à la frontière du concevable. En effet, des représentations culturelles et des croyances erronées protègent ces
pédocriminelles incestueuses en biaisant le jugement des divers professionnels chargés de la protection de l’enfance,
altérant leur capacité à accepter la réalité et la gravité desdites violences.
Basé sur les données de la littérature internationale des cinquante dernières années, cet exposé se propose de battre
en brèche ces mythes en leur opposant les faits tels qu’ils ont été révélés par les études de victimisation et les
recherches menées auprès des pédocriminelles intra-familiales. Il traitera ainsi de leur prévalence loin d’être “si rare
qu’elle est de peu d’importance”, de même que de leur nature et de leurs conséquences traumatiques pour les
victimes qui empêchent de les réduire à « de l’initiation » ou à des attouchements « faits gentiment ». De plus, la
diversité des profils de ces femmes et de ces jeunes filles démontrera que, loin d’être toutes « faibles et sous
l’emprise d’un homme pervers », certaines présentent une personnalité perverse et manipulatrice et jouent un rôle
actif dans l’agression d’enfants – quand encore elles ne la commettent pas seules et de leur propre initiative.
Cette intervention se conclura par un bref descriptif de la prise en soin et du taux de récidive de ces pédocriminelles
intrafamiliales.
Biographie
Originaire de Niort, Virginie Cailleau a fait ses études à l’Université de Poitiers, où elle a
obtenu en 2004 un doctorat en biologie moléculaire et cellulaire. Après une incursion dans la
communication scientifique et technique à Paris, elle s’est formée durant 3 ans aux exigences de la
recherche clinique dans une CRO poitevine – expérience complétée par une formation
professionnelle diplômante au métier d’attaché de recherche clinique (ARC). En 2011 elle a été
recrutée en tant qu’ARC et documentaliste au CRIAVS Poitou-Charentes, lequel dépend de l’Unité
de Recherche Clinique intersectionnelle en psychiatrie à vocation régionale Pierre Deniker du CH
Henri Laborit de Poitiers. Dans le cadre desdites fonctions, elle a été associée à 6 articles publiés
dans des revues à comité de lecture, de même qu’elle a à deux reprises présenté des communications
orales au Congrès International Francophone sur l’Agression Sexuelle – d’abord en 2015 à Charleroi
(Belgique) puis en 2019 à Montpellier (France) -, de même qu’à la 6ème Journée Régionale du
CRIAVS Poitou-Charentes ayant pour thème “Les violences sexuelles 3.0” (2021) ; elle intervient
également de façon récurrente dans l’enseignement du DU de Criminologie et Victimologie de
l’Université de Poitiers